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lundi 4 janvier 2010

Bonne annnée

En cette période très particulière qui suit les fêtes de fin d'année il est de tradition de faire part de ses voeux (toujours les meilleurs et les plus sincères) pour la nouvelle année qui commence. A l'époque où le mail fait de la concurrence déloyale à la bonne vieille Poste, j'aime encore écrire et recevoir des cartes postales, des vraies. J'aime ce moment bien particulier, où l'on s'apprête à poser sur le joli carton, choisi avec soin, quelques mots simples à l'intention d'une personne proche, un ami, un parent. J'aime voir la ligne bleue laissée par la plume sur le papier former des lettres, des mots, des phrases. C'est un bref moment où l'on se rapproche, par la pensée, d'un être cher. C'est l'instant où les mots de circonstance, délavés et décolorés par l'usage massif dans les " voeux officiels" de tout genre, retrouvent leur chaleur et leur sens. J'aime coller un joli timbre sur l'enveloppe et aller la glisser dans la boîte postale en pensant encore une fois au chemin que ma carte va parcourir avant d'atteindre son destinataire.

Mais, il faut bien vivre avec son époque! Cette année, pour la première fois, grâce à ce blog, j'ai l'occasion de lancer un "bonne année!" dans le vaste océan de l'Internet.

A tous ceux qui le liront un jour, qui visiteront un jour ces pages, je souhaite une très bonne année 2010, pleine de belles idées qui vous feront rêver, de meilleurs découvertes qui réaliseront vos rêves, des rencontres étonnantes, et surtout, de la paix!

Bonne année!

mardi 28 juillet 2009

Ukraine: choses vues

Mes observations ont été limitées cette fois à un seul quartier de la ville, celui où j'ai grandi et où habite toujours ma mère. A mon époque, c'était un quartier ouvrier: les usines étaient disposées tout autour. Aujourd'hui, les immeubles d'après guerre et les "khrouschevka" (datant des années 60-70) sont en mauvais état, les rues sont mal (ou pas du tout) éclairées, les routes et les trottoirs comptent plus de trous que d'asphalte. Quand il pleut, il est litéralement impossible de traverser la rue sans marcher dans les flots d'eau. Bref, c'est un quartier plutôt pauvre.

La première chose qui m'a frappée: les enfants. Ici, à Kharkov, dans ce quartier, les yeux des enfants sont tristes, gris, graves. Ils ne rient pas. Comme les eaux d'un lac qui reflètent le ciel, les yeux d'un enfant reflètent les regards qui se posent sur lui. Les adultes non plus ne sourient pas. On a l'impression dans la rue que les gens mettent une sorte de masque pour sortir de chez eux. Ils se regardent avec méfiance.

Au beau milieu de ce quartier en ruine se dresse un grand magasin de meubles et électroménager, flambant neuf. On y trouve toutes sortes d'appareils, un peu comme chez darty et aux mêmes prix. J'y suis entrée pour voir. Si on ne montre aucun signe extérieur de richesse, les vendeurs vous regardent d'en haut avec une légère touche de mépris. Si tout même on leur achète quelque chose, on peut espérer apercevoir un léger sourire.

La jeunesse m'a paru précaire, fragile et surtout, courte. Pour les filles, le meilleur moyen de s'en sortir reste le mariage. A la façon dont elles s'habillent, à la démarche, au regard, on voit que tout est fait pour trouver un bon parti pour "se caser" le plus rapidement possible. Seulement, une fois mariée, leur jeunesse, leur beauté flétrit à vue d'oeil et les horizons se referment devant. Celles qui réussissent tout de même à faire carrière, à se réaliser dans la vie professionnelle, ont le plus souvent du mal à avoir une vie familiale stable et équilibrée. Les moeurs n'ont pas beaucoup changé depuis mon départ et il m'a même semblé qu'elles ont même régressé. J'ai dit à mon ami qui m'accompagnait pour un tour dans le quartier, que je n'aurais pas supporté un tel sort réservé aux filles. Il m'a alors répondu: "Toi, c'est sûr. Dans notre bande de copains à la fac, tu as toujours été "un copain" à nous".

Globalement, j'ai eu le sentiment que les gens étaient litéralement écrasés par la crise qui a eu un impacte immédiat dans ce pays sans gouvernement qui commencait tout juste il y a trois ans à retrouver quelque espoir. Ils n'espèrent plus, ils vivent au jour le jour.

C'est difficile à voir et cela ne se voit pas de loin, d'ici, de la France. Et pourtant, ça aide à relativiser ce qui nous arrive ici et à prendre conscience de la chance que nous avons.

samedi 25 juillet 2009

Ma patrie et ma maison

Je reviens d'un court voyage (3 jours) dans ma ville natale, Kharkov, en Ukraine. Cela fait trois ans depuis ma dernière visite. Un vieil ami est venu me chercher à l'aéroport. Nous avons ensuite bu le thé ensemble chez ma mère, parlé des choses et d'autres. Dans la discussion, il a dit une phrase qui résonne encore dans mon esprit:

"Notre patrie est là, où sont nos parents et notre maison est là où sont nos enfants".

Et moi, j'en suis où? Oui, ma maison est incontestablement ici, en France, où grandissent mes enfants. Je me sens chez moi ici. Et ma patrie? Que reste-t-il du pays où j'ai grandi? De la culture qui a nourri mon esprit, qui a formé ce que je suis? J'ai eu des sentiments très confus en observant après une très longue absence ce qui serait d'après la définition de mon ami ma patrie. En refermant la porte du vieil appartement délabré de ma mère, lieu où j'ai passé presque toute mon enfance, toutes mes années universitaires, je retrouvais cet univers qui était le mien; en retrouvant les amis de la famille, ceux qui restent encore la bas, je retrouvais l'esprit et la culture dans lesquels j'ai grandi. Mais dès que je sortais dehors, j'étais sur une autre planète. Tout en me disant qu'il était normal qu'un pays change, surtout après des bouleversements historiques qu'a connu le mien, je n'arrivais pas à accepter ce nouveau monde que je voyais. Quelque chose y manquait. Ce nouveau monde, semblait figé dans un état de champignon qui se nourrit des restes de la diversité déchue mais ne produit rien d'autre que des champignons.

Et ma patrie, où est elle? Dans cet appartement où vit encore ma mère? Et quand elle ne sera plus?

Est ce le destin de tous ceux qui quittent un jour la terre de leurs ancêtres?

dimanche 5 avril 2009

La connerie des hommes et l'harmonie du monde

 Dimanche. Ce matin, en parcourant les quelques lignes par ci par là sur l'internet, je me suis sentie fatiguée. Un sentiment d'agacement semblable à celui de l'article  lu plus tard dans la journée  sur Sulfure et contre-culture.   Un sentiment d'impuissance face à la bêtise, la colère, la violence.  

Fin d'après-midi. Le soleil de printemps  invite à sortir dehors. Une invitation qui ne se refuse pas.  J'ai passé quelques dernières heures de cette après-midi dans mon jardin, à travailler la terre. Un de mes passe temps favoris. Le contact avec les choses aussi simples que les fleurs, l'herbe, la terre repose l'esprit  et redonne de la sérénité à mon âme fatiguée. 

La lumière dorée  du soleil couchant est derrière moi.  Je ramasse les aiguilles sèches des pins et les vieilles feuil es  sous les arbres. Le mouvement  long  du large râteau à herbe font remonter  des souvenirs lointains. J'aimais accompagner ma mère le week-end aux champs. Surtout  quand il y avait le fauchage du foin. Les hommes fauchaient, les femmes  ramassaient  avec des râteaux comme ça. Et moi, je rêvais dans les herbes  au bord du champ. Ou bien je goûtais avec joie les fraises des bois qui poussaient par ci par là. Je ferme les yeux. Le ciel de juillet, l'odeur de l'herbe, le goût de fraises. Le bonheur. 

 
Il y des choses très simples au contact desquelles les vanités du monde  qui nous entourent s'éloignent. Chacun de nous a besoin d'un petit moment comme ça pour retrouver son intégrité, pour calmer la colère de l'esprit.  Eh bien c'est le printemps, le soleil revient, les arbres se réveillent après le long sommeil de l'hiver. Ça fait un bien fou de plonger un instant dans cette harmonie  qui est là, tout près, imperturbable par les tribulations de  l'espèce humaine.